Coronavirus : à la frontière, il faut prendre son mal en patience

  • Le 26/03/2020 à 08:47
  • Dans Actualités
  • 0 commentaire

Depuis le retour du contrôle aux frontières suisses encore ouvertes, l’entrée en territoire helvète est devenue bien plus chronophage et compliquée pour les frontaliers, qui restent cependant compréhensifs face à une situation exceptionnelle.

B9723029580z 1 20200324163037 000 gmcfpe6fk 2 0

 

La patience est une vertu qu’il vaut mieux avoir lorsque l’on est frontalier. Habitués des bouchons au quotidien, ceux qui travaillent en Suisse doivent désormais montrer patte blanche à la frontière, et c’est souvent chronophage.

« Une heure pour faire la ligne droite »

Depuis que le coronavirus sévit en Europe, les pays du vieux continent prennent, un à un, des mesures drastiques pour tenter de contrer la pandémie. De son côté, la Suisse a, entre autres, décidé de fermer la plupart de ses frontières et de rétablir le contrôle à celles qui ne le sont pas. Pour entrer en territoire helvète, il faut dorénavant pouvoir prouver que l’on y travaille. « Cela crée de sacrés bouchons selon l’heure de la journée. Je mets parfois plus d’une heure à faire la ligne droite entre Veigy et Anières », souffle Eric, un frontalier qui ne peut pas travailler de chez lui. Florianne, est plus compréhensive : « Cela embête tout le monde. Nous, mais les douaniers aussi. Personne n’est content de cette situation, mais il faut faire avec, pour le bien de tous. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre pour traverser la frontière, donc je pars une heure plus tôt, pour être sûre. »

 

Papiers obligatoires

Il est difficile de prévoir le temps qu’il faudra pour passer du côté suisse. Évidemment, de nombreuses entreprises ont recours au télétravail. Les Nations Unies ont ainsi demandé à tous leurs employés, ou presque, de travailler de chez eux. Il y a donc beaucoup moins de monde qui cherche à rejoindre Genève chaque jour. Mais dans le même temps, pour faciliter les contrôles, de nombreux postes de douane secondaires ont été fermés, déviant le trafic sur les axes principaux. « C’est un joyeux bordel » résume ce quinquagénaire, frontalier depuis plus de 20 ans. D’autres comme Simon, la vingtaine n’ont pas eu de chance : « J’ai commencé à travailler en Suisse la veille de la mise en place des contrôles. Mon employeur n’a pas eu le temps de me fournir de justificatif, du coup, le lendemain j’ai fait plus d’une heure de queue pour finalement me faire refuser l’entrée en Suisse. » Car sans permis de travail ou sans attestation de l’employeur, impossible de s’approcher de Genève. « Et pour revenir en France, il faut pouvoir prouver que l’on y réside », glisse Eric.

 

Voie prioritaire

Sur toutes les douanes où cela est possible, une voie prioritaire a été mise en place pour le personnel soignant. A Asnières, elle se situe sur la droite de la route : « J’ai jamais été aussi heureuse de voir des gens me passer devant dans un bouchon. Si cela peut leur faire gagner ne serait-ce qu’une minute, c’est parfait », affirme Florianne.

En Suisse, pas de «politique spectacle»

De l’autre côté de la frontière, devenue si dure à traverser, la pandémie de coronavirus fait également peur. Pourtant, le Conseil fédéral a annoncé encore récemment qu’il n’y aurait pas de confinement général de la population helvétique. « Ce que nous faisons dans le pays aujourd’hui est très proche de ce que font les pays autour de nous. Mais la différence, c’est que nous ne faisons pas de politique spectacle », a expliqué le ministre de l’intérieur suisse, Alain Berset, avant de glisser un tacle à peine dissimulé à la France : « On voit que dans d’autres pays, l’adhésion à ce genre de mesures extrêmement fortes n’est pas bonne et qu’elle ne permet pas forcément de freiner la propagation du virus. Penser qu’on peut tout décider d’en haut et que tout le monde est d’accord ne fonctionne pas.  » La Suisse n’en reste pas moins attentive à l’évolution du virus sur son territoire. Plus de 8 000 cas et 70 décès ont été enregistrés depuis le début de cette crise sanitaire dans le pays. Les rassemblements de plus de 5 personnes ont été interdits et certaines lignes de train ont été supprimées ou fortement réduites. Malgré le refus de prononcer un confinement général, le Conseil fédéral suisse a fortement incité la population à rester chez elle, notamment les personnes fragiles. Des milliers de Suisses sont ainsi passés au télétravail. Même si cela n’en a pas le nom, ça ressemble quand même fortement à un confinement général basé sur la responsabilité individuelle.

 

Source: lemessage.fr

 

 

 
  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire